Mercredi 11 novembre 2009
     
 

Chaque anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918 est l’occasion pour les autorités civiles et militaires, dans une relative indifférence de la population, d’honorer la mémoire des millions de victimes de la première guerre mondiale. Elu rémois, j’ai participé ce matin à ces cérémonies. Nous sommes allés pour la première fois nous recueillir dans le carré 14 du cimetière de l’Est, là où reposent des soldats de la « grande guerre », dont les noms nous ont été lus par des élèves du lycée professionnel de Tinqueux. Je n’ai pu à cet instant m’empêcher de penser à mon grand père, Lucien Pugeault, dont la tombe est à quelques mètres du carré 14, et qui a lui-même participé à toute la guerre de 14-18, brigadier du 5ème chasseur, 11 ème escadron.

Il y a un peu plus de trente ans, quelques jours avant sa mort, il m’a donné son « livre de campagne », dans lequel il a consigné jour après jour ses souvenirs de guerre. Près d’un siècle plus tard, ce n’est pas sans émotion que je le feuillette ; sous la couverture de skaï noir, les pages jaunissent, mais sa belle écriture appliquée reste lisible.

Très peu de personnes l’ont lu ; en voici un extrait, portant sur les journées du 7 au 14 novembre 1914 sur le front belge. Rien d’extraordinaire, rien d’héroïque, la vie banale d’un poilu parmi des millions d’autres, l’un de ces hommes qui de façon anonyme ont forgé notre histoire et méritent à ce titre notre hommage :

« Le 7 novembre au matin nous avons appris qu’une fraction d’infanterie venait de se rendre car ils ont été cernés la nuit. Nous avons occupé les tranchées à droite de Luzerne en troisième ligne. Le 8 novembre au matin nous sommes partis à Boeringhe près de Ypres. Nous sommes partis à trois heures du matin. Nous avons passé la journée dans une prairie. Le soir nous sommes allés comme réserve à la Ferme des quatre chemins. Le 9 novembre au matin nous sommes revenus dans notre prairie de la veille et à la nuit le capitaine nous a dit de nous coucher comme nous le pouvions. Alors nous avons fait une hutte en paille et nous nous y sommes abrités pour dormir. A deux heures du matin, nous avons été réveillés pour aller remplacer les dragons à Langemark. Nous avons pris position dans les tranchées à quatre heures du matin. Aussitôt nous avons subi une attaque des allemands, sans résultat. A neuf heures du matin nous avions déjà quatre blessés par ricochets, et notre officier a reçu l’ordre de prendre la tranchée ennemie à la baïonnette. Mais les allemands étant beaucoup plus forts que nous, nous avons été obligés de renoncer. Alors en attendant des renforts nous avons cassé la croute. Tout à coup, à dix heures, un obus tombe à 80 centimètres de la tranchée ; nous avons cessé notre repas. Aussitôt un sifflement se fait entendre et nous nous cachons dans notre trou comme des souris. Mais  l’obus tombe au milieu de la tranchée ; j’entends des cris et je me dis qu’il y a des morts. Je veux me lever, et je m’aperçois alors que je suis blessé, couvert de sang. Je retombe aussitôt. Lorsque j’ai vu ça, je me suis trainé sur les genoux et les coudes, j’ai fait 300 mètres comme cela, mais à bout de forces, j’ai été obligé de renoncer. J’ai appelé deux camarades qui sont venus me chercher. Lorsque je suis arrivé dans une ferme dont je ne connais pas le nom, j’ai été soigné par un officier du 5ème chasseur. Mais je n’avais plus de force. Comme je portais toujours un petit flacon d’alcool, ils me l’ont donné. J’ai bu un peu. Cela m’a donné un peu de force et j’ai pu reconnaître les amis qui étaient auprès de moi. Je leur ai demandé combien il y avait de victimes, ils m’ont répondu 7 blessés et 2 morts, dont notre lieutenant. Le soir du 9 novembre les brancardiers sont venus me chercher ; j’attendais, blessé, depuis 11 heures du matin. On m’a emporté vers un poste de secours et une voiture est venue me chercher pour m’amener à Boeringhe, où j’ai passé la nuit. Le 10 novembre au matin on m’a transporté à l’infirmerie de la division. Ensuite les automobiles ambulances sont venues me chercher et nous sommes partis, une cinquantaine ensemble, pour Poperinghe. De là on nous a mis dans le train pour Dunkerque. De Dunkerque nous devions prendre le bateau pour Cherbourg, mais la mer étant trop mauvaise, on nous a fait prendre la direction de Calais, puis de Calais nous avons poursuivi vers Amiens. Les plus fatigués d’entre nous ont été laissés à Amiens. Ensuite, direction Paris. Mais en cours de route, je me suis senti très fatigué et j’ai demandé à être soigné à la station la plus proche. Le médecin m’a dit qu’il me laisserait à Paris. Arrivés à Paris, nous avons été dirigés sur le Val de Grace, où nous avons déposé un officier allemand blessé. Nous étions encore trois soldats français dans la voiture et l’on nous a conduits à l’hôpital annexe du Val de Grace. J’y suis arrivé dans la nuit du 13 au 14 novembre 1914. Après trois jours et trois nuits passés en chemin de fer, j’étais heureux de trouver un vrai lit. Le dimanche, on m’a opéré à 11 heures et retiré plusieurs morceaux de fer. J’ai pu marcher à nouveau assez rapidement… »

Par serge pugeault
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Mercredi 8 juillet 2009

     

J'avais prévu de laisser ce blog au repos jusqu'à la rentrée. Mais avant, juste un post sur Léonard Cohen.
J'ai eu la chance d'assister hier soir à son concert à Bercy. Un concert de trois heures, des rappels de 45 minutes avec 15 000 personnes debout l'acclamant.
A 74 ans, la voix de Cohen est plus belle, plus grave qu'elle ne l'a jamais été. Accompagné de chanteuses à la voix magnifiques (Sharon Robinson, les soeurs Webb), de musiciens géniaux, bénéficiant d'un son parfait, il a bouleversé le public. Il a repris, différement orchestrées, les chansons les plus connues (Suzanne, So long Marianne, Hallelujah, Bird on the Wire) et bien d'autres encore, et, cadeau au public français,le Partisan.
Trois heures d'émotion à l'état pur qui maintiennent, le temps d'un concert, à l'écart de la rumeur du monde. A la fin de son spectacle, évoquant en français la chanson "à la claire fontaine"  et s'adressant au public il a terminé par "il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai". Chacun des spectateurs avait envie de lui dire la même chose...
Bonnes vacances.

Par serge pugeault
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Mercredi 20 mai 2009
Par serge pugeault
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Jeudi 23 avril 2009
      Dans le dernier numéro de l'hebdomadaire "les petites affiches Matot Braine", Catherine Vautrin, députée UMP de la Marne, vante le plan de relance gouvernementale et sa déclinaison pour notre ville. Elle cite ainsi la restauration des halles du boulingrin et se réjouit de "la réactivité du Gouvernement et du Président de la République dans cette situation de crise".
Il y a une vanité dans la présentation des faits qui oblige à remettre les choses à leur place: l'Etat ne finance pas la "rénovation des halles du Boulingrin"; il participe à hauteur de 50 % au coût de la restauration de la partie classée (la voûte), soit une somme de 8 millions d'euros sur un coût total de 32 millions. La différence, soit 24 millions, est entièrement à la charge du contribuable local...
Quant à la "réactivité" du gouvernement, il faut rappeler que cette participation de l'Etat est la conséquence d'un engagement signé en ...1996, soit il y a 13 ans !
Ce que révèle en réalité le papier de C. Vautrin, c'est que malgré ses engagements l'Etat n'avait pas le début d'un budget pour financer la restauration des halles, et qu'il était finalement assez satisfait de l'inertie sur ce dossier des municipalités Falala et Schneiter... 
En décidant dès le mois de juin de l'an dernier de lancer enfin la réfection des halles et en fixant une date d'inauguration, février 2012, nous avons simplement contraint l'Etat à respecter sa parole et à trouver en urgence l'argent promis il y a 13 ans. 
Voilà ce que C. Vautrin appelle un plan de relance... 

 

Par serge pugeault
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Mardi 14 avril 2009
      Dans son édition datée du 14 avril 2009, le Journal Libération évoque la revente probable du « Journal de l’île de la Réunion » par le groupe Hersant, et rappelle à cette occasion que ce quotidien était dirigé jusqu’en 2008 par Jacques Tillier, l’actuel PDG de l’Union. Selon  Libération la situation actuelle au sein du Journal de la Réunion aurait fait dire à Jacques Tillier : « C’est le bordel, vivement que je revienne ».

L’hypothèse d’un retour de Jacques Tillier à la Réunion n’est pas un scoop ; l’information (la rumeur ?) circule depuis plusieurs semaines déjà sur l’île.

En novembre 2008, le journaliste réunionnais Pierre Dupuy publiait ainsi sur son site, Zinfos974.com, la lettre suivante que lui avait adressée J. Tillier après son arrivée à Reims (www.zinfos974.com/Jacques-Tillier-nous-ecrit_a1863.html):

 

« (...) Il me semble que depuis mon départ mes clients du samedi -les politicards tous les ex, les repris de justice ou pas encore pris, les feignasses patentées: Lagourgue, Virapoullé, Annette, Vergès and co, les gandouras aussi, ceux du sud notamment, de la cour d'appel particulièrement.... j'en passe et des meilleurs comme la maison des civilisation(s), s'en donnent à cœur joie... Ici l'eau est très très chaude.. seulement à la sortie du robinet... Mais la Champagne, Ardennes, Picardie sont de biens belles régions Je pense beaucoup à vous tous -lecteurs- et parfois plus tristement d'ailleurs au JIR... Cela dit ce qui se passe dans le canard d'en face n'est pas triste non plus. C'est à se demander si c'est pas contagieux, un peu comme la varicelle... J'ai le nom du virus... Si tu passes dans le coin de la maison du chef des curetons -la grande église- fait donc une tape amicale de ma part au bronze, celui d'Alexis de Villeneuve, flingué par qui vous le savez tous maintenant...
PS: Échange volontiers champagne contre un ou plusieurs ballots de letchis... Fais le savoir ».

 

Plus récemment, le 19 février 2009, toujours sur son blog, Pierre Dupuy (www.zinfos974.com/Vous-avez-le-bonjour-de-Jacques-Tillier_a3934.html)  indiquait avoir reçu un appel de Jacques Tillier et expliquait : « Il m'a autorisé à retranscrire une de ses paroles, toujours dans son langage coloré et avec le sens de la modération qui le caractérise: "Depuis que je suis parti, c'est le bordel... A peine j'ai tourné le dos que non seulement c'est le bordel au JIR, mais aussi dans la maison d'en face où ça ne va guère mieux à ce qu'on me dit. Vivement que je revienne..." Je vous laisse deviner s'il plaisantait ou s'il parlait sérieusement ..».
 

Il semble donc bien que l’idée d’un retour de Jacques Tillier à la Réunion soit envisagée par celui-ci...


Faut-il la mettre en rapport avec les difficultés qu’il rencontre à L’Aisne Nouvelle, quotidien dont il est également de P.D.G. ?

Récemment, Marianne 2 publiait (le 11 février 2009) un article intitulé "Comment Xavier Bertrand a fait main basse sur l'Aisne Nouvelle "(www.marianne2.fr/Comment-Xavier-Bertrand-a-fait-main-basse-sur-l-Aisne-Nouvelle_a174990.html)... expliquant que l’actuel secétaire général de l’UMP tentait de prendre le contrôle de ce quotidien pour assurer son assise régionale et soulignant ; « Xavier Bertrand est également proche d’une autre figure du journal : Jacques Tillier, le directeur de la rédaction. Un  « personnage » au CV chargé: ancien de la DST, mais aussi du journal d’extrême droite Minute, qui fut blessé par balle par Jacques Mesrine dans les années 70 et qui fait régner la terreur au sein du titre. «Il ne supporte pas qu’on lui résiste, et il commence à flipper depuis que cette histoire fait un peu de bruit. Il menace tout le monde sur le mode : retour au calme ou dehors ! Et maintenant des gens subissent des menaces de licenciements  ».
Des journalistes de l’Aisne Nouvelle ont demandé à rencontrer la direction jeudi pour mettre sur la table ce conflit d’intérêts tant la situation devient intenable et les rapports tendus. Certains annoncent déjà une réunion très animée et craignent qu’elle ne tourne court…
 ».

Affaire à suivre…

 

 

 

Par serge pugeault
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