005 Soutien de l'économie: du discours aux faits...

Publié le par serge pugeault


    Le gouvernement se préoccupe du soutien de l'économie. Un "ministre chargé de la mise en oeuvre du plan de relance" a même été nommé en la personne de Patrick Devedjian.
Ceci du moins en apparence.

 Les faits, toujours plus têtus que les discours, contredisent cette volonté affichée.
Un exemple à Reims: j'ai remis en mains propres, fin décembre, à Hervé Morin, Ministre de la défense, un courrier signé de la Maire de Reims, Adeline Hazan.
Aux termes de ce courrier la Maire de Reims demandait à l'Etat d'une part de lui céder pour un euro symbolique le site de la caserne Colbert, désaffectée depuis longtemps (l'Etat avait annoncé quelques semaines plus tôt son intention de céder pour un euro symbolique d'anciens sites militaires, notamment pour permettre la réalisation de logements étudiants), d'autre part de procéder au déclassement rapide de ce site afin de permettre sa démolition.
En effet en quelques mois seulement la ville a travaillé à un projet ambitieux pour ce site: la Région Champagne-Ardenne et le Crous sont prêts à y édifier une cité internationale destinée à accueillir dans de bonnes conditions étudiants et professeurs étrangers (tous les établissements d'enseignement supérieurs de Reims la demandent); l'Université envisage d'y réaliser son nouveau siège; l'Effort Rémois également; la ville a prévu d'y aménager  un square pour les familles du quartier...
Ces projets sont prêts à démarrer; leur financement est pour l'essentiel assuré; leur réalisation permettrait de faire travailler des entreprises du bâtiment pendant plusieurs mois.  
Nous étions donc (naïvement ?) plein d'espoir quant à la réponse rapide et positive du ministre.
Cette réponse nous est parvenue six semaines plus tard, sous forme d'un courrier signé non par le Ministre, mais par l'un de ses collaborateurs.
Elle tient en deux points.
Sur le prix, l'auteur du courrier nous informe que la ville ne peut espérer récupérer pour un euro le site de la caserne Colbert dans la mesure où la fermeture de celle-ci ne relève pas du plan de restructuration des armées. Pour dire les choses autrement, l'Etat abandonne pour un euro des sites en bon état fermés pour cause de restructuration, mais vend au prix fort des sites anciens abandonnés depuis longtemps et partiellement dégradés...comprenne qui pourra !
Sur le déclassement de la caserne, l'auteur du courrier nous indique que non seulement il faudra suivre les procédures administratives habituelles (procédures longues...), mais qu'en tout état de cause un tel déclassement n'est pas envisageable avant qu'une étude de pollution du sol notamment pyrotechnique (c'est à dire la recherche d'éventuelles bombes), ait été faite. Etonnant qu'on recherche aujourd'hui la présence de bombes dans le sol d'un site qui a accueilli pendant des années les élèves du lycée Libergier durant la restructuration de celui-ci !...En tout état de cause, aucun délai, aucune échéance ne sont fixés.
Autant dire que rien ne bougera sur le site abandonné de la caserne Colbert pendant des années encore...
Ainsi la volonté de la ville de Reims de se montrer active pour soutenir l'activité de son territoire et volontaire pour renforcer son attractivité se heurte, malgré les discours sur "la relance", à l'inertie et au fonctionnement bureaucratique de l'Etat.
Chacun appréciera la distance qui sépare les faits des discours...
  
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